La colonisation fut le problème principal qui hanta le peuple Malgache tout entier. En 1946, un vote fortement majoritaire a porté les trois candidats du MDRM à l’assemblée nationale française. L’accession à l’indépendance était plébiscitée. La révolte de 1947 en était l’aboutissement qui marquera pour longtemps l’histoire politique de Madagascar. A partir des années 50, le pouvoir pro-colonial a préparé les conditions d’une indépendance politique en confiant le pouvoir à un parti colonial nommé PADESM qui donnera naissance au Parti Social Démocrate (PSD). Le PSD dirigera le pays de 1958 à 1972. L’Etat nouvellement indépendant s’engage dans un effort important de scolarisation et crée l’université de Madagascar.
L’indépendance proclamée en 1960 ne satisfait pas les jeunes Malgaches dont MANANDAFY Rakotonirina puisqu’ il s’est rendu compte durant les années qui suivent que les rouages de l’État et de l’économie sont toujours entre les mains de l’ancien colonisateur. Cette recherche de la souveraineté nationale l’a rapproché de MONJA Jaona qui dirigeait le parti MONIMA, Mouvement National pour l’Indépendance de Madagascar. Constitué essentiellement de paysans du Sud, le MONIMA a subi la répression implacable du PSD composé surtout de fonctionnaires. Ce qui entraîna un processus qui aboutit à la révolte paysanne du Sud dirigée par le MONIMA en 1971 laquelle fut brutalement réprimée par la violence militaire et administrative.
Etant responsable provincial du MONIMA, MANANDAFY a fait la prison en mai 1971. Il était en liberté provisoire lorsque éclata le mouvement scolaire et estudiantin de 1972 qui va mettre fin au régime PSD et modifiait fondamentalement les relations entre la France et Madagascar par la suite. En effet, par les nouveaux accords de 1973, Madagascar est sorti de la zone Franc et l’armée française a quitté Madagascar.
Au sein de la société Malgache, une nouvelle génération d’hommes politiques s’affirme sur la scène nationale et internationale. Le Parti MFM est né en décembre 1972 dans ces conditions en s’appuyant principalement sur le milieu enseignant et universitaire au départ. La rupture avec le MONIMA est devenu inévitable après de longues négociations entre MANANDAFY et MONJA Jaona.
A partir de 1975, RATSIRAKA accède au pouvoir avec un programme de décolonisation définie dans la charte de la révolution socialiste. Les relations entre le MFM et RATSIRAKA n’ont pas toujours été faciles.
A partir de 1977, Le MFM devient membre du front national pour la défense de la révolution et MANANDAFY avec MAHATSANGA deviennent ainsi membres du Conseil Suprême de la Révolution jusqu’en 1989.
S’occupant principalement des entreprises nationalisées dans son rôle de Conseiller Suprême de la Révolution, MANANDAFY organise politiquement les cadres d’entreprises d’état à l’intérieur du MFM.
Dès 1980, le régime socialiste a été confronté à de difficultés de paiements extérieurs. En toute logique, le recours au FMI et à la Banque Mondiale s’est imposé avec toutes les mesures d’ajustement structurel que nous connaissons tous.
Le MFM présente MANANDAFY aux élections présidentielles de 1989 avec un score honorable de 20% malgré toutes les fraudes et pressions du régime de l’Amiral RATSIRAKA.
Selon les analyses des résultats par le Comité National pour l’Observation des Élections (CNOE) un deuxième tour des Présidentielles de 1989 devait opposer MANANDAFY à RATSIRAKA, mais la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) a subi des pressions pour permettre à RATSIRAKA d’être élu dès le premier tour.
En 1990, au moment des conférences nationales en Afrique, le MFM a présenté un projet de constitution parlementaire libéral et la mise en place d’un régime de transition vers la démocratie
Le même projet va être débattu dans les forums régionaux qui aboutiront au Forum National de Mars 1992 qui accouchera la constitution de la troisième République.
La Constitution libérale et parlementaire de la Troisième République fut adoptée par référendum en Septembre 1992.
Le MFM devient Parti pour le Progrès de Madagascar avec ses nouvelles orientations libérales à partir de 1988. Les rencontres avec Maître Abdoulaye WADE en 1992 à l’occasion d’une conférence organisée à DAKAR ont permis au MFM par le biais de son Leader de se familiariser avec les idéaux de l’Internationale Libérale. Noter que le PDS était dans l’opposition à l’époque.
La mise en place des 22 régions à la place des 6 provinces héritées de la colonisation est toujours la poire de discorde entre les « anciens » et « modernes » dans la scène politique Malgache jusqu’à la date d’aujourd’hui.
La régionalisation avec l’application du principe de subsidiarité est un objectif majeur du MFM pour le développement du pays dans les conditions actuelles.
Le référendum du 04 Avril 2007 confirmant la régionalisation appelle de nouveaux défis pour réaliser un processus démocratique dans notre pays. Certaines dispositions de la constitution amendée sont inacceptables notamment dans son article 46 : « Tout candidat aux fonctions de Président de la République doit être de nationalité malagasy d’origine par le père et la mère… ». La société civile et la majorité de la classe politique ont manifesté leur désaccord à ce sujet.
Les prérogatives parlementaires sont particulièrement limitées à des courtes de sessions de quatre mois dans l’année. Les fonctions de contrôle du législatif sur l’exécutif sont handicapées par les prérogatives exorbitantes reconnues à l’exécutif.
Les défis de développement du processus démocratique consistent à conquérir une majorité parlementaire au sénat et à l’assemblée nationale pour imposer une nouvelle révision constitutionnelle aux prochaines élections 2007/2008. Dans son article 152, la constitution révisée stipule que : « L’initiative de la révision de la constitution appartient soit au Président de la République qui statue en conseil des ministres en soumettant la révision de la constitution à référendum. Les assemblées parlementaires statuant par un vote séparé à la majorité absolue des membres composant chaque assemblé, peuvent adopter la révision de la constitution à la majorité des trois quarts ».
La participation aux élections communales et régionales prévues pour 2007/2008 constitue également un défi à relever.
Nous adhérons entièrement aux résolutions du 54ème congrès de l’Internationale Libérale en Novembre 2006 à Marrakech définissant les conditions du développement dans la démocratie.
Communication au Sommet de l’ALN de Johannesbourg du 01 au 06 Mai 2007
Le Président National du MFM MANANDAFY Rakotonirina