Belfast 2008
Le congrès note avec inquiétude l’augmentation rapide du prix des produits de l’agriculture à travers le monde et l’effet disproportionné que cela a sur les populations les plus pauvres, en particulier dans les pays en cours de développement. Cependant, le congrès s’inquiète aussi de l’effet qu’une augmentation de l’approvisionnement en produits agricoles a dès à présent, menaçant d’importants puits de carbone ainsi que la biodiversité, et pense que des solutions soutenables sont nécessaire.
Le congrès croit qu’une part significative du problème est le résultat d’un manque d’action combiné à des politiques inadéquates menées par les gouvernements tant des pays développés que des pays en voie de développement, et que ni la sécurité ni la durabilité des approvisionnements alimentaires ne peuvent être ignorées.
Le congrès reconnaît que:
une partie de cette élévation des prix est due à l’abandon des subventions à l’exportation par le monde développé et que des niveaux des prix inférieurs au coût de production étaient insoutenables sur le long terme.
une part importante de l’élévation récente des prix a été due à un accroissement des besoins lié à un changement de régime alimentaire dans un nombre important de pays en voie de développement en lien direct avec une augmentation de la richesse.
les coûts de production ont aussi augmenté, principalement suite à l’augmentation du coût de l’énergie et en conséquence à l’augmentation du prix des engrais.
une grande partie de l’augmentation des prix est due à de mauvaises récoltes à travers le monde qui ont diminué l’offre.
les préoccupations liées au changement climatique et à la raréfaction du carburant ont mené à une augmentation de l’utilisation des surfaces agricoles dans des visées non-alimentaires
les subventions d’exportation ont endommagé les industries agricoles dans les pays en voies de développement et ceux dont l’économie est principalement orientée vers l’export et ont diminué leur capacité à répondre aux manques actuels.
Le congrès demande donc aux partis membre de l’Internationale Libérale de faire pression au niveau national et international afin de:
Mettre fin aux subventions pour les cultures de maïs destinées aux bio-carburants aux Etats-Unis qui altèrent le marché.
Mettre fin immédiatement au stockage dans l’UE, comme proposé par le « contrôle de santé » actuel de la PAC.
Introduire et promouvoir des mesures d’efficacité énergétique et de conservation afin de réduire la demande de carburant, ramenant de ce fait la quantité de terre détournée de la production alimentaire vers les bio-carburants.
Mettre fin aux mesures de contrôle des prix qui réduisent artificiellement les coûts des agriculteurs, car celles-ci ne servent qu’à réduire les incitations de production, réduisant ainsi l’approvisionnement alimentaire pour finalement augmenter encore les prix.
Mettre en avant à nouveau les programmes d’aides des principaux donneurs du monde (en particulier les Etats-Unis et l’UE) pour la production alimentaire, le stockage et les infrastructures qui leurs sont liées, afin de stimuler une agriculture durable dans les pays en voie de développement.
Pousser la Banque Mondiale à soutenir et favoriser les filières efficaces de crédits aux petits fermiers dans le monde en voie de développement, combiné avec des conseils et des formations pour leur permettre d’investir en rendant leurs fermes plus productives.
Etablir des critères de certifications robustes et reconnus à l’échelle internationale pour la biomasse et les bio-carburants, basés sur une diminution de la production de dioxyde de carbone et la protection des habitats naturels.
Donner naissance rapidement à un accord international afin de protéger les habitats naturels et les puits de carbone de la destruction motivée par la production alimentaire ou d’autres buts.
Concentrer les efforts de recherche et de développement sur les moyens efficaces et soutenables de production de nourriture et de bioénergie.
Concentrer les efforts sur les combustibles organiques de seconde génération, comme ceux faits à partir de déchets ou de résidus agricoles
Favoriser l’adoption par tous les gouvernements de nouvelles technologies qui ont fait leurs preuves.